L’insurrection qui naît
Athènes brûle
Ce matin, quelques visages sortent timidement de la fumée qui recouvrent toutes les grandes zones urbaines grecques. À Athènes et principalement Place Syntagma (NB : la ‘Place de la Constitution’ faisant face au Parlement, renommée ‘Place de la Liberté’ par les insurgés), on a la gueule de bois, le sol est brûlé, les dégâts sont énormes, la police occupe. Hier soir, le ‘cortège de combat’ repoussait pour la première fois la police anti-émeute à l’intérieur de ses lignes, avant d’envahir avec des milliers d’autres émeutiers toutes les rues avoisinantes, faisant usage – en plus des habituels cocktails Molotov – de petites bombes et de lance-flammes artisanaux. Selon la presse du pouvoir, 45 bâtiments ont brûlé à Athènes : ceci ne concerne que les ‘gros’ bâtiments. Les traces du Capital sont recouvertes d’une couche de cendres, et la plupart des magasins bourgeois ont été pillés et saccagés. Il y aurait 120 blessés pour Athènes, en majorité des policiers, 67 manifestants ont été arrêtés.
400’000 à Athènes, contact difficile avec Thessalonique
Selon les anarchistes athéniens, ils étaient 400’000 à envahir la capitale grecque (qui compte, agglomération comprise, 2’664’000 habitants) hier soir, dont 100’000 autour du Parlement. À Thessalonique, la situation serait ‘pire’, la ville compte moitié moins d’habitants qu’Athènes, mais le nombre d’insurgés y était proportionnellement beaucoup plus haut, peu d’infos sont actuellement disponibles sur cette ville.
Si le KKE/PAME (communistes révisionnistes) et son cortège de 40’000 personnes étaient déterminés à ‘défiler dans le calme’, ils ont été aussi déroutés que la police dans leur mission de pacification. Les haut-parleurs fixés au mobilier urbain pour ‘scander plus fort’ ont tous été arrachés.
À travers toute la Grèce, des dizaines de mairies, d’usines et d’école, d’universités, d’hôpitaux, de ministères,… sont occupées depuis plusieurs jours. Ce matin, une assemblée ouvrière a menacé le pouvoir, si on leur rend pas leur prisonnière, il y aura vengeance, exténuée par le harcèlement policier les travailleurs avaient caillassé une patrouille de police.
La police débordée
La police est exténuée : on ne compte plus les accrochages durant la nuit. Après les affrontements Place Syntagma, des groupes d’insurgés ont sillonnés la ville pour casser, taguer et brûler les banques. D’autres se rassemblaient pour occuper les places à quelques milliers, caillassant les ‘Voltigeurs Delta’ (NB : ou ‘Colonne de Delta’ unités anti-émeutes spéciales, à mobilette) qui passaient par là. Une photo d’un flic, exténué par la situation, caillassant à son tour les manifestants fait le tour du net.
Une situation qui couvait
Depuis quelques semaines, les manifestations sauvages, radicales, massives devenaient de plus en plus fréquente. Les discussions qui ont lieu depuis l’appel à la Grève générale ne portait pas sur les 48h (qui couvraient en fait vendredi et samedi), le véritable événement, c’était ce dimanche. Depuis jeudi, les manifestations ont été particulièrement explosives.
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